Le stock dormant, ce sont des articles qui restent en stock sans se vendre, ou si lentement que la quantité suffirait encore pour des années. Vous le repérez avec trois chiffres : jours depuis la dernière vente, mois de couverture du stock et part dans la marge. Pour l’écouler, suivez cet ordre : remise, lot, autre canal de vente, retour au fournisseur, don. En France, détruire des invendus non alimentaires neufs n’est pas une option : la loi impose le réemploi ou le recyclage.
L’erreur la plus courante est d’attendre le prix plein « puisque la marchandise est déjà payée ». Tant qu’elle reste là, elle coûte chaque mois : surface de stockage, argent immobilisé, dépréciation. Plus bas : comment calculer ce coût, à partir de quel prix une remise rapporte plus que l’attente, et ce que le droit français impose pour la destruction et le don.
Quand on cherche « stock dormant »
Le plus souvent à l’inventaire, ou quand l’argent manque pour réassortir les produits qui se vendent : l’entrepôt est plein, la trésorerie est dans la marchandise. Le gérant cherche « stock dormant », puis « produits invendus », « comment écouler son stock » et « donner ses invendus ».
La question décisive n’est pas « comment vendre », mais « à quel prix » : des commerçants gardent des articles pendant des années pour ne pas vendre sous le prix d’achat, et perdent plus que ce qu’aurait coûté une remise.
Ce qu’est le stock dormant et en quoi il diffère du stock normal
Le stock dormant est un stock sans demande au prix actuel. La plus grande partie du stock se vend normalement ; la frontière se situe dans la vitesse de rotation.
| Ce qui est en rayon | Signe | Quoi faire |
|---|---|---|
| Stock normal | Se vend ; tient jusqu’à la prochaine commande | Rien, c’est le stock de travail |
| Rotation lente | Se vend, mais le stock couvre de nombreux mois | Ne pas recommander, surveiller |
| Stock dormant | Aucune vente sur plusieurs cycles d’achat | Calculer le coût de détention et écouler |
| Articles abîmés, incomplets ou périmés | Invendables comme neufs | Retour au fournisseur, vente en seconde main ou don |
Termes voisins : surstock (plus que ce que vous pouvez vendre dans un délai raisonnable), fins de série, stock mort ou invendus, qui désignent à peu près la même chose. En couture, « stock dormant » désigne aussi les tissus de fin de rouleau revendus par les fabricants ; ici, il s’agit de marchandise d’une boutique.
D’où vient le stock dormant
Le stock dormant est presque toujours un problème d’achat, pas de vente. Causes typiques :
- Achat au feeling, ou en grande quantité pour la remise. 5 % de remise fournisseur ne paient pas un article qui dort un an.
- La saison est passée. Les radiateurs d’appoint invendus au printemps attendent l’automne.
- Le modèle est dépassé. Une nouvelle version est sortie, l’ancienne ne part plus qu’avec une remise.
- Le prix est au-dessus de la concurrence. Le produit est bon, il est simplement moins cher ailleurs.
- Personne ne le voit. Fiche produit faible, pas de photos, produit absent des marketplaces et des comparateurs de prix.
- Mauvaises tailles et couleurs. Le modèle se vend, mais pas les tailles extrêmes.
- Dommages et péremption. Emballage abîmé, pièces manquantes, date de durabilité minimale qui approche. Suivre les dates par lot : numéro de lot.
La cause dicte la solution : un article trop cher se sauve par une correction de prix, un article invisible par une nouvelle fiche et un nouveau canal, un modèle dépassé seulement par une remise.
Comment repérer le stock dormant : trois chiffres
Vérifiez chaque article en stock avec trois chiffres :
- Jours depuis la dernière vente. Le signal le plus simple, mais il rate les articles qui vendent une pièce par mois.
- Couverture en mois : stock divisé par les ventes mensuelles moyennes. Elle attrape les articles lents que le premier chiffre rate.
- Le groupe ABC. Les articles du groupe C avec un gros stock sont les premiers candidats. Comment calculer les groupes : l’article analyse ABC des produits.

Le seuil dépend de votre cycle d’achat. Règle pratique : si un article n’a rien vendu depuis plus de deux de vos cycles d’achat, ou si son stock couvre plus de six mois, il passe sur la liste à examiner. Pour un article saisonnier, regardez les ventes de la saison précédente, pas des derniers mois. Le calcul de la rotation et du point de commande est détaillé dans l’article rotation des stocks, point de commande et stock de sécurité.
Ce que coûte le stock dormant chaque mois
Le stock dormant vous coûte trois choses par mois : la surface de stockage, l’argent immobilisé dedans et la dépréciation, car l’article vieillit et rapportera moins dans un an.
Exemple fictif pour le calcul, les chiffres ne sont pas des données de marché. 40 articles à 50 € d’achat, soit 2 000 € de stock. Le stockage coûte 30 € par mois. Le coût du capital est de 2 % par mois : ce que cet argent rapporterait en tournant sur des articles qui se vendent, ou ce que vous payez pour un crédit. La dépréciation est de 30 € par mois.
| Poste | Calcul | Par mois, € |
|---|---|---|
| Stockage | 30 | |
| Capital immobilisé | 2 000 × 2 % | 40 |
| Dépréciation | 30 | |
| Total | 100 | |
| Par article | 100 ÷ 40 | 2,50 |

Sur un an, cela fait 1 200 €, plus de la moitié de ce qu’a coûté tout le lot. Même si l’entrepôt vous appartient et que la surface ne vous coûte rien, les deux autres postes restent.
À partir de quand une remise rapporte plus que l’attente
Une remise vaut le coup tant que chaque article vous rapporte ensuite plus que le prix plein moins le coût de détention sur toute l’attente. Le prix d’achat ne compte pas dans cette comparaison : il est payé, quelle que soit votre décision.
Retour à l’exemple. Le prix plein est de 80 €, un article part par mois, le dernier dans 40 mois ; en moyenne, un article attend 20 mois.
- Garder à 80 € : 80 − 2,50 × 20 = 30 € par article.
- Remise à 60 €. Supposons qu’à ce prix, 10 articles partent par mois : le lot est écoulé en 4 mois, l’attente moyenne est de 2 mois. 60 − 2,50 × 2 = 55 € par article.
- Tout le lot maintenant à 30 € l’article à un déstockeur : 30 € par article, sans coût de détention.

Une remise d’un quart rapporte presque deux fois plus par article que l’attente. Et la vente à un déstockeur sous le prix d’achat rapporte autant que 40 mois d’attente au prix plein, avec 1 200 € en caisse tout de suite.
D’où le plancher de remise : le prix le plus bas qui bat encore l’attente, c’est ce que rapporte un article sans remise, plus le coût de détention sur la nouvelle attente. Dans l’exemple : 30 + 2,50 × 2 = 35 €. En dessous de 35 €, à 10 articles par mois, la remise perd face à l’attente. Mettez vos propres chiffres et testez la vitesse de vente après remise sur quelques articles au lieu de la deviner.
Deux règles françaises pour l’annonce de la remise. Le prix barré doit être le prix le plus bas pratiqué pour tous les consommateurs au cours des 30 jours précédant la réduction (article L112-1-1 du Code de la consommation). Et le mot « soldes » est réservé aux deux périodes fixées chaque année, pour des articles proposés à la vente et payés depuis au moins un mois (article L310-3 du Code de commerce) ; le reste de l’année, on parle de promotion ou de remise.
Comment écouler le stock dormant : 5 moyens, dans cet ordre
Allez des moyens qui rendent le plus d’argent à ceux qui libèrent seulement l’étagère :

- Remise. Jusqu’au plancher calculé plus haut. Baissez le prix une fois, nettement, et pas de 5 % chaque semaine : les petites remises passent inaperçues et le coût de détention continue de courir.
- Lot. Associez l’article à un best-seller ou offrez-le à partir d’un montant de commande. Il se vend ainsi à un prix que l’acheteur ne compare pas séparément.
- Autre canal. Ce qui ne part pas dans votre boutique peut se vendre sur une marketplace comme Cdiscount ou eBay, ou via les réseaux sociaux ; les restes partent en lot chez des déstockeurs et des soldeurs.
- Retour au fournisseur. Si votre contrat prévoit le retour ou l’échange des invendus, utilisez-le. Sinon, demandez un échange contre des articles qui se vendent : le fournisseur le préfère souvent à la perte d’un client.
- Don, puis recyclage. Les articles utilisables qui ne se vendent pas se donnent à des associations ; on ne recycle que ce qui n’est ni vendable ni donnable. Ce que la loi et la TVA prévoient, c’est la section suivante.
Détruire ou donner : ce qui s’applique en France
En France, jeter ou incinérer des invendus non alimentaires neufs n’est pas autorisé. Les producteurs, importateurs et distributeurs de ces produits doivent les réemployer (y compris par le don), les réutiliser ou les recycler, dans l’ordre de la hiérarchie des déchets (article L541-15-8 du Code de l’environnement, issu de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, dite loi AGEC).
| Règle | Ce qu’elle impose | Pour qui |
|---|---|---|
| Article L541-15-8, Code de l’environnement | Réemploi (don compris), réutilisation ou recyclage des invendus neufs ; exceptions limitées (valorisation interdite, risque sérieux pour la santé ou la sécurité…) ; amende administrative jusqu’à 3 000 € (personne physique) ou 15 000 € (personne morale) | Producteurs, importateurs et distributeurs en France |
| Produits d’hygiène et de puériculture (même article) | Réemploi obligatoire, en pratique le don, sauf durabilité minimale de moins de trois mois ou absence de repreneur | Mêmes acteurs, produits listés par décret |
| Règlement (UE) 2024/1781 | Interdiction de détruire les vêtements, accessoires d’habillement et chaussures invendus, sauf exceptions étroites (sécurité, dommage…) | Grandes entreprises depuis le 19.07.2026, moyennes en principe à partir de 2030, dans toute l’UE |
Pour une petite boutique en ligne française, l’ordre vente, don, recyclage n’est donc pas un conseil mais une obligation. En Belgique, la règle AGEC ne s’applique pas ; la gestion des déchets y relève des régions, et le règlement européen sur les vêtements et chaussures s’applique comme partout dans l’UE.
TVA sur les dons d’invendus en France. Quand un bien dont vous avez déduit la TVA quitte l’activité taxée sans être vendu, la déduction doit en principe être régularisée. Exception : les invendus alimentaires et non alimentaires neufs donnés à des associations ou fondations reconnues d’utilité publique à but humanitaire, éducatif, social ou charitable n’entraînent pas de régularisation (article 273 septies D du CGI, BOI-TVA-DED-60-30, § 70). Condition : obtenir de l’association une attestation de don (article 84 B de l’annexe III au CGI) avec son nom, son adresse et son objet, la date et le numéro du décret de reconnaissance d’utilité publique, vos nom et adresse, et l’inventaire daté des biens, avec leur nature et leur quantité. Une attestation peut couvrir tous vos dons d’une même année civile ; vous la conservez tous les deux. La même dispense vaut pour les dons aux banques alimentaires affiliées à la fédération française.
En pratique : pour chaque don, gardez ce qui a été donné, à qui, pourquoi l’article n’était plus vendable, et l’attestation. Le côté impôt sur les bénéfices (dépréciation du stock, réduction d’impôt pour mécénat), voyez-le avec votre expert-comptable.
Comment éviter un nouveau stock dormant
Le stock dormant naît à l’achat, c’est donc là qu’on l’évite :
- Acheter selon les ventes. Commandez selon les ventes moyennes et le délai du fournisseur, pas « comme la dernière fois ». Pour les articles du groupe C, gardez un stock minimal ou vendez sur commande depuis le stock du fournisseur.
- Vérifier chaque mois. Sortez une fois par mois la liste des articles sans mouvement et au-dessus de votre seuil de couverture, pas une fois par an à l’inventaire.
- Donner une date de fin à chaque saison. Pour les articles saisonniers, fixez à l’avance la date de début du déstockage.
- Une matrice d’assortiment. Sortez les articles qui n’apportent ni marge ni ventes régulières avant qu’ils ne dorment. Comment la construire avec ABC et XYZ : l’article (en anglais) product assortment matrix.
Le revers du même problème, ce sont les ruptures : tant que l’argent est dans le stock dormant, il manque les articles qui se vendent.
Quand suivre le stock dormant dans un logiciel
Quand vous avez des centaines d’articles et plus d’un entrepôt : un tableau des articles sans mouvement est alors dépassé avant d’être fini, et il faut exporter et rapprocher ventes et stocks à chaque fois.
Dans Elbuz, le stock se met à jour tout seul à partir des commandes, des réceptions et des tarifs fournisseurs, et le rapport d’analyse des ventes présente le stock dormant dans un bloc à part : les articles sans mouvement de stock depuis plus de 30 jours, calculés séparément pour chaque entrepôt. Comment commandes et stocks se rejoignent, sur la page gestion des commandes.
Une limite honnête : le seuil de 30 jours du rapport est fixe, et le logiciel ne calcule ni le coût de détention ni le plancher de remise ; pour cela, prenez les formules plus haut. Si vous avez quelques dizaines d’articles et un seul entrepôt, un tableau suffit.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un stock dormant ?
Des articles qui ne se vendent pas, ou très lentement, et restent donc longtemps en stock. Ils immobilisent de l’argent, occupent de la place et perdent de la valeur.
À partir de quand un article est-il un stock dormant ?
Cela dépend de votre cycle d’achat. Règle pratique : aucune vente sur plus de deux cycles d’achat, ou un stock qui couvre plus de six mois au rythme de vente actuel.
Comment écouler un stock dormant ?
Par une remise jusqu’au plancher sous lequel l’attente rapporte plus, en lot avec un best-seller, ou par un autre canal : marketplace, réseaux sociaux, déstockeur. Le calcul du plancher est dans la section à partir de quand une remise rapporte plus.
Peut-on détruire ses invendus ?
Non, pas en France pour les produits non alimentaires neufs : l’article L541-15-8 du Code de l’environnement impose le réemploi, dont le don, la réutilisation ou le recyclage, sauf exceptions limitées. Pour les vêtements et chaussures, le règlement européen interdit en plus la destruction aux grandes entreprises depuis le 19.07.2026.
Faut-il reverser la TVA quand on donne ses invendus ?
Non, si vous donnez des invendus neufs à une association ou fondation reconnue d’utilité publique et que vous obtenez son attestation de don (article 273 septies D du CGI). Dans les autres cas, la TVA déduite à l’achat doit en principe être régularisée.
Comment vendre son stock à un soldeur ?
Préparez la liste des articles avec quantités, état et prix d’achat, et fixez votre prix minimum avant de négocier : c’est ce que vous rapporterait l’attente ou une remise. Un déstockeur rachète en général tout le lot, ce qui libère la trésorerie tout de suite.
Sources
- Code de l’environnement, article L541-15-8 (version en vigueur depuis le 25.08.2021) : réemploi, réutilisation ou recyclage des invendus non alimentaires neufs, produits d’hygiène et de puériculture, amendes : legifrance.gouv.fr.
- Commission européenne, « New EU rules to stop the destruction of unsold clothes and shoes » (09.02.2026) : interdiction pour les grandes entreprises à partir du 19.07.2026, moyennes en principe en 2030, règlement (UE) 2024/1781 : environment.ec.europa.eu.
- BOFiP, BOI-TVA-DED-60-30 (en vigueur depuis le 26.08.2020), § 60 et 70 : régularisation des déductions, dispense pour les invendus neufs donnés aux associations reconnues d’utilité publique (art. 273 septies D du CGI), attestation (art. 84 B de l’annexe III) : bofip.impots.gouv.fr.
- Code de la consommation, article L112-1-1 : prix de référence d’une réduction, prix le plus bas des 30 derniers jours : legifrance.gouv.fr.
- Code de commerce, article L310-3 : définition des soldes, deux périodes par an, articles en vente depuis au moins un mois : legifrance.gouv.fr.
Vérifié le 02.11.2026. Les chiffres des exemples de calcul sont fictifs.
