Le B2B (Business to Business, ou BtoB) désigne la vente d’une entreprise à d’autres entreprises, qui revendent la marchandise ou en ont besoin pour leur activité. Le B2C (Business to Consumer, ou BtoC) est la vente à des particuliers qui achètent pour eux-mêmes. La différence ne s’arrête pas à l’acheteur : en B2B, la marge est plus faible, la commande plus grosse, il y a un contrat et souvent un délai de paiement. Le même chiffre d’affaires rapporte donc un autre montant et pèse autrement sur le stock.
L’erreur la plus courante est de traiter le commerce de gros comme « du détail, mais en plus gros ». On vend alors au revendeur sur le stock de la boutique, on accorde des délais de paiement sans plafond et on calcule la marge sans compter l’argent bloqué dans les factures impayées. Vous trouverez ci-dessous les définitions, le tableau des différences, un calcul d’exemple pour le même chiffre d’affaires dans les deux modèles et ce qu’il faut pour gérer les deux dans une seule boutique.
Quand on se pose la question B2B ou B2C
Le plus souvent dans deux situations. Une boutique en ligne reçoit ses premières demandes de professionnels (« Quel prix pour 50 pièces ? ») et se demande s’il faut les accepter. Ou quelqu’un lit « vente réservée aux professionnels » chez un grossiste, « commercial B2B » dans une offre d’emploi ou « portail B2B » chez un fournisseur, et veut savoir ce que cela veut dire. Viennent ensuite les questions : qui sont les clients B2B, qu’est-ce qui change sur la facture, une entreprise peut-elle faire du B2B et du B2C à la fois ?
La réponse à la dernière est « oui ». Mais le plus important est ce qui change pour les prix, le stock et la trésorerie. C’est l’objet de la section avec le calcul.
Le B2B, c’est quoi
Le B2B est un modèle où le vendeur et l’acheteur sont des entreprises. Les clients B2B sont des sociétés, des entrepreneurs individuels et des professions libérales qui achètent pour revendre, produire ou faire tourner leur activité. Plusieurs personnes décident, et au bout il y a un contrat ou un bon de commande, puis une facture.
- un grossiste fournit des produits d’entretien à des boutiques en ligne ;
- un fabricant de quincaillerie d’ameublement livre des usines de meubles ;
- un distributeur de pièces détachées sert les garages via un portail B2B sur son site ;
- un éditeur de logiciel vend un abonnement de comptabilité aux entreprises.
Un commercial B2B suit justement ces clients : il reçoit la demande, rédige le devis, négocie le prix et le délai de paiement, surveille la livraison et les commandes suivantes.
Le B2C, c’est quoi
Le B2C est la vente à des personnes qui achètent pour leurs propres besoins. Une seule personne décide, souvent en quelques minutes. Le prix est le même pour tous ou change lors des promotions, et le paiement est immédiat.
Exemples de B2C : une boutique de mode en ligne, un supermarché, une enseigne d’électroménager, un service de streaming par abonnement.
10 différences entre B2B et B2C : tableau
La différence principale tient à qui décide et comment on paie : en B2C, une personne paie tout de suite ; en B2B, plusieurs personnes valident l’achat, et l’argent arrive souvent plus tard.

| Critère | B2B | B2C |
|---|---|---|
| Acheteur | Société, entrepreneur individuel, profession libérale | Particulier |
| Qui décide | Plusieurs personnes : achats, direction, comptabilité | L’acheteur ou sa famille |
| Pourquoi on achète | Coûts, marge, fiabilité de l’approvisionnement | Besoin, émotion, commodité, marque |
| Durée de l’achat | De quelques jours à plusieurs mois : demande, devis, validation, contrat | De quelques minutes à quelques jours |
| Prix | Individuel : groupe de clients, quantité, négociation, le plus souvent HT | Le même pour tous, TTC, change lors des promotions |
| Taille de commande | Cartons et palettes | À l’unité |
| Paiement | Sur facture, souvent avec délai, par exemple 30 jours | Immédiat : carte bancaire, PayPal, virement |
| Documents | Contrat ou bon de commande, facture électronique, bon de livraison | Facture ou ticket, prix TTC |
| Retour | Selon le contrat | 14 jours de droit de rétractation pour un achat en ligne |
| Canaux de vente | Commerciaux, listes de prix, boutique B2B, salons | Boutique en ligne, Amazon, Cdiscount et autres places de marché, réseaux sociaux, publicité |
Trois lignes découlent de la loi. Le délai de rétractation de 14 jours pour un contrat à distance ne bénéficie qu’au consommateur (article L221-18 du Code de la consommation ; la même règle vient de la directive européenne 2011/83/UE et s’applique aussi en Belgique). Le consommateur est une personne physique qui agit hors de son activité professionnelle : un artisan qui commande pour son atelier ne peut pas se rétracter. Les factures entre entreprises deviennent électroniques. En France, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée depuis le 1er septembre 2026 ; les grandes entreprises et les ETI les émettent depuis cette date, les PME et micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027. En Belgique, les factures entre assujettis à la TVA établis dans le pays passent par le réseau Peppol depuis le 1er janvier 2026. Les ventes aux particuliers ne sont concernées dans aucun des deux pays.
Le même chiffre d’affaires, une autre trésorerie
Le B2B rapporte moins par euro de chiffre d’affaires, mais demande moins de travail par commande, et le délai de paiement bloque de l’argent qui, au détail, arrive tout de suite. Ne comparez donc pas le pourcentage de marge, mais ce qui reste et combien les clients vous doivent avant de payer.
Exemple fictif pour le calcul, les chiffres ne sont pas des valeurs de marché. Une boutique réalise 12 000 € par mois. Au détail, ce sont 100 commandes de 120 € avec 30 % de marge, et traiter une commande (emballage, envoi à la charge de la boutique, frais de paiement) coûte 8 €. En gros, ce sont 4 commandes de 3 000 € avec 15 % de marge, le traitement coûte 50 € par commande, et le paiement arrive 30 jours après la facture.
| Poste | B2C | B2B |
|---|---|---|
| Commandes | 100 × 120 € | 4 × 3 000 € |
| Marge | 30 % = 3 600 € | 15 % = 1 800 € |
| Traitement | 100 × 8 = −800 € | 4 × 50 = −200 € |
| Reste | 2 800 € | 1 600 € |
| Créances clients | 0 | ≈ 12 000 € en permanence |

Ce que montre l’exemple :
- Le gros fonctionne en complément, pas en remplacement : il apporte du chiffre d’affaires avec peu d’opérations, mais il reste presque moitié moins par euro.
- Un délai de paiement, c’est votre argent dans l’entreprise du client. À 30 jours et avec des livraisons mensuelles, vos clients vous doivent en permanence environ un mois de chiffre d’affaires en gros. Or vous payez votre fournisseur avec cet argent.
- Un plafond d’encours est indispensable. Sans plafond, un client qui paie en retard mange le bénéfice de plusieurs mois. La loi aide en partie : entre professionnels, le délai convenu ne peut pas dépasser 60 jours après l’émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si c’est expressément prévu au contrat et sans abus manifeste ; sans accord, il est de 30 jours après la réception de la marchandise (article L441-10 du Code de commerce). En cas de retard, des pénalités sont dues (par défaut, le taux de la BCE majoré de 10 points) ainsi qu’une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement (article D441-5). Cela ne remplace pas l’argent qui vous manque aujourd’hui.
Calculez la marge avec tous les frais pour vos prix dans le calculateur de marge.
Stock et logistique : B2B et B2C
Un entrepôt B2C prépare beaucoup de petits colis, un entrepôt B2B expédie peu de gros envois. Ce sont deux organisations différentes, même si la marchandise est la même.

- Entrepôt B2C : préparer des commandes de 1 à 3 articles, emballer chaque colis, l’envoyer par transporteur ou en point relais, traiter les retours.
- Entrepôt B2B : cartons et palettes, dates de livraison fixes, messagerie ou enlèvement par le client. Une grosse commande part souvent en livraisons partielles.
B2B2C, D2C, C2C et B2G
| Modèle | Qui vend à qui | Exemple |
|---|---|---|
| B2B2C | Une entreprise vend aux particuliers par l’intermédiaire d’une autre entreprise | Un fabricant vend via une place de marché ou une enseigne |
| D2C | Le fabricant vend directement aux acheteurs, sans intermédiaire | Boutique en ligne propre d’une marque |
| C2C | Un particulier vend à un particulier | Petites annonces, objets d’occasion |
| B2G | Une entreprise vend à l’État | Marchés publics |
Comment gérer le B2B et le B2C dans une seule boutique
Il vous faut quatre choses : des prix propres à chaque groupe de clients, une liste de prix pour les revendeurs, une vue de qui doit combien, et un stock commun aux deux canaux. C’est le dernier point qui coince le plus souvent.

Exemple fictif. Il y a 10 pièces en stock. La boutique en vend 3 dans la journée, et le commercial en promet 8 à un revendeur en regardant le stock de la veille. Il en manque une : soit vous annulez une commande de la boutique, soit le revendeur reçoit une livraison incomplète.
- Prix par groupe de clients. Le particulier voit le prix public, le revendeur le prix de son groupe.
- Une liste de prix pour les revendeurs qui se met à jour seule, au lieu d’être refaite dans Excel.
- Le suivi des créances, avec un plafond d’encours pour tous ceux qui paient à terme.
- Un stock commun, sur lequel les commandes de la boutique et du gros réservent. La page gestion des commandes montre à quoi cela ressemble.
Quand le gros et la boutique gagnent à tourner dans un seul système
Dès que vous avez plus de quelques revendeurs, chacun avec son prix : des tableaux de prix séparés, des listes de prix faites à la main et un stock « au jugé » divergent au premier nouveau tarif fournisseur.
Dans Elbuz, la boutique et le gros partagent le même catalogue. Vous fixez les prix des groupes de revendeurs par des règles, ils se recalculent avec la nouvelle liste du fournisseur, et la liste de prix à jour, avec les prix du client, lui part selon un calendrier en XLSX ou CSV. Le gros est un type d’affaire à part, de la demande au devis jusqu’à la livraison partielle, et vous voyez l’encours de chaque client avec tous ses paiements. Elbuz établit à partir du document la facture électronique aux clients professionnels, au format Factur-X ou UBL conforme à la norme EN 16931 : un fichier prêt à être transmis par votre plateforme agréée en France ou par votre prestataire Peppol en Belgique. Les factures électroniques de vos fournisseurs se chargent dans Elbuz comme réceptions de marchandises. Plus de détails sur la page portail B2B pour grossistes.
À qui cela ne sert pas : si vous recevez quelques demandes de professionnels par an, une colonne de prix à part et une facture faite avec le modèle de facture suffisent.
Questions fréquentes
C’est quoi BtoB et BtoC ?
Deux façons d’écrire B2B et B2C. Le BtoB vend à des entreprises qui revendent ou utilisent la marchandise dans leur activité ; le BtoC vend à des particuliers qui achètent pour eux-mêmes. Le prix, la taille de commande, le délai de paiement et les documents en dépendent.
Quelle est la différence entre le marketing B2C et le marketing B2B ?
Le marketing B2C parle à une personne qui décide vite, souvent sur l’émotion, la commodité ou la marque. Le marketing B2B s’adresse à plusieurs décideurs et argumente sur les coûts, la marge et la fiabilité de l’approvisionnement, sur un cycle de vente plus long.
Que veut dire « vente réservée aux professionnels » ?
Le vendeur ne vend qu’aux entreprises, pas aux consommateurs. Les droits des consommateurs ne s’appliquent alors pas : il n’y a pas de droit de rétractation de 14 jours, les conditions de retour sont celles du contrat.
Une facture B2B est-elle différente ?
Oui. En France, elle passe par une plateforme agréée au format électronique (obligation d’émission depuis le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, le 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises) ; en Belgique, par le réseau Peppol depuis le 1er janvier 2026.
Quelle est la différence entre le B2B et le B2G ?
En B2G, le client est l’État : administrations et organismes publics achètent par des marchés publics. En B2B, le client est une entreprise privée.
Une place de marché, c’est du B2B ou du B2C ?
Pour l’acheteur, c’est du B2C. Pour le vendeur qui paie une commission à la plateforme, la relation avec la place de marché est du B2B. L’ensemble forme du B2B2C.
Une entreprise peut-elle faire du B2B et du B2C à la fois ?
Oui : la boutique vend au détail sur son site et en gros aux revendeurs. L’essentiel est de séparer les prix par groupe de clients, de plafonner les créances et de tenir un stock commun aux deux canaux. Voir la section B2B et B2C dans une seule boutique.
Sources
- Article L221-18 du Code de la consommation – délai de rétractation de 14 jours pour les contrats à distance – legifrance.gouv.fr ; directive 2011/83/UE relative aux droits des consommateurs, article 9 – eur-lex.europa.eu.
- Article L441-10 du Code de commerce – délais de paiement entre professionnels (30 jours par défaut, 60 jours après la facture ou 45 jours fin de mois), pénalités de retard au taux BCE majoré de 10 points – legifrance.gouv.fr ; indemnité forfaitaire de 40 €, article D441-5 – entreprendre.service-public.gouv.fr.
- Facturation électronique en France : réception par toutes les entreprises depuis le 01.09.2026, émission par les grandes entreprises et ETI depuis le 01.09.2026, par les PME et micro-entreprises à partir du 01.09.2027, via une plateforme agréée – economie.gouv.fr ; impots.gouv.fr.
- Belgique : facture électronique structurée obligatoire entre assujettis TVA belges depuis le 01.01.2026, via Peppol, hors ventes aux particuliers – einvoice.belgium.be.
Vérifié le 02.11.2026. Les autres chiffres de l’article sont des exemples fictifs pour le calcul.
